08 juin 2008
Lundi 9 Juin 2008, l'aventure commence pour les bleus!!
Ca y est c'est partit!!

Samedi 7 Juin 2008
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19 mai 2008
Le PSG se maintient: les dessous d’un Grand Bluff
par JCD
Au crépuscule d’une saison au dénouement longtemps incertain, la cellule “Investigation” du BDS a voulu tenter de comprendre la stratégie sous-jacente menée de haute volée par nos dirigeants. Si, il y en avait une, obligé. A ce titre, nous avons contacté le maître absolu es stratégie, le poker coach, môôôsieur Patrick Bruel, afin qu’il nous explique enfin les stratagèmes machiavéliques de notre géniale direction qui échappent à nos esprits trop simples.
M. Bruel, en situation critique jusqu’à la dernière journée en championnat, vainqueur de la coupe de la ligue et finaliste de la coupe de France, comment comprenez-vous la stratégie du PSG cette saison ?
C’est fort. C’est très fort. Et c’est fondé sur une des règles phares du poker d’ailleurs. Ne jamais jouer un coup que vous supposez fortement perdant. Paul Le Guen a bien vu dès le début que son équipe ne pouvait pas rivaliser avec Lyon, Bordeaux ou Marseille pour le titre. Or seule la victoire est jolie. Il a donc décidé de ne pas jouer le championnat afin de préserver ses jetons pour viser le doublé en coupes. Avec cet objectif en tête, il a fomenté un plan infernal pour parvenir à ses fins avec une main - ou une équipe dans le cas précis - qui n’est pas la plus forte de la table, ou du championnat si vous préférez. Cet abandon du championnat s’appelle, au poker, un grand laydown. Je me souviens d’ailleurs qu’en 2001, au World Series of Poker, Phil Gordon avait jeté une paire de rois pré-flo…
Oui, oui, mais on s’en fout. Alors comment expliquez-vous alors que les dirigeants n’ont cessé de claironner que le championnat était la priorité ?
Haha, cela s’appelle un spécial Mike Matusow. L’idée directrice est de ne pas effrayer vos adversaires lors de vos objectifs principaux en leur donnant confiance au préalable lors de vos objectifs secondaires. Et on peut dire que cela a été un succès sur toute la ligne. En faisant exprès de perdre en championnat - supposément la priorité, sacré Paul - sur des matchs qui semblaient aisément à sa portée, le PSG a pu jouer sur l’effet de surprise en coupes, le véritable objectif, devant des adversaires qui ne se méfiaient plus, voire qui étaient ravis d’avoir tiré Paris. C’est fort, c’est très fort.
Certes, mais comment expliquer que Le Guen alignait une équipe bis en coupes dans ce cas là ?
Je vais vous expliquer en espérant que votre intelligence de footeux décérébrés vous permette de comprendre la subtilité du poker. Transposons la force supposée des équipes de L1 en mains de Poker Texas Hold’em. L’OL deviendrait As-As, Bordeaux Roi-Roi, Marseille As-Roi et ainsi de suite. Avec des joueurs tels que Pauleta, Rothen, Landreau, Yepes, Camara et Mendy, on peut évaluer l’équipe type du PSG a une main As (Pauleta) -Valet (les autres). En alignant l’équipe As-Valet face à des mains surpuissantes, l’équipe n’a environ que 25% de chances de gagner. Au poker, on dit qu’il n’a pas une cote de pot suffisante pour tenter sa chance.
Paul, pour brouiller les cartes, décide donc de jouer tout le championnat comme s’il avait une équipe de valeur Dame-8, et ce en mettant Pauleta sur le banc en début de saison, en demandant aux joueurs de baisser le pied, en organisant les tensions (jeunes / vieux) ou en plaçant les joueurs à des postes qui ne leur vont pas (Ceara, Mendy,…). Avec cette stratégie génialissime de mal jouer les coups en championnat, et donc d’avoir des résultats encore plus mauvais que les statistiques ne le laissaient présager, Le Guen est parvenu à faire croire qu’il était contraint de négliger les coupes en alignant une équipe de jeunes, qui, on l’a vu pendant l’Emirates Cup, n’est finalement pas si éloignée de l’équipe des titulaires en termes de qualité.
Or c’est là que réside le piège. Nos adversaires en coupe voyant le rendement faiblard de la supposée équipe type en championnat baissent la garde, et, au lieu de venir avec leur mains surpuissantes, pensent pouvoir battre l’équipe bis de Paris avec des “mains”/équipes plus marginales, comme des Roi-10. Or Paul, intelligemment, aligne certes une équipe de jeunes mais toujours derrière notre As, Pauleta, se retrouvant en fait avec une main As-10, qui a 80% de chance de battre un tirage Roi-10. C’est magnifique.
Vous voulez dire que Le Guen a sciemment demandé à ses joueurs de mal jouer en championnat pour faire croire qu’il était de facto contraint d’aligner une équipe supposément plus faible dans les coupes pour préserver son équipe type en championnat ? En fait, depuis le début il bluffait ?
Voilà, vous comprenez. Et comment pourrait-il en être autrement ? Quand vous voyez L’American Airlines de Gallardo, les relances gaguesques de Cearà, Luyindula qui se transforme subitement en calling station, ou qu’Armand se contente de suivre prudemment une attaque pourtant moyenne ou encore que Landreau se couche trop tôt lors de tous ses duels, ça aurait dû vous mettre la puce à l’oreille. Sans parler des pseudos bad beats comme les csc où les buts encaissés dans les dernières minutes. Tout ça faisait partie du schéma diabolique pour la conquête du doublé en coupes. Il y a les bluffs, et il y a les Grands Bluffs. Celui là est le plus beau qu’il m’ait été donné de voir, il s’apparente à de l’art, et tout le monde est tombé dans le panneau.
Mais les adversaires, stratèges eux aussi, n’ont rien vu venir ?
Ils ont failli, mais Le Guen avait tout prévu. Les adversaires savent que, normalement, on n’arrive pas en finale grâce à la chance même si on craint tous les rushes. Et là, en finale de la coupe de la ligue, quand Paul comprend que les Lensois ont saisi sa stratégie, il fait rentrer Mendy et Luyindula, soit les joueurs les plus décevants de la saison, même pas capables d’être titulaires dans une équipe qui flirte avec la relégation. Papin se détend, il reprend confiance, il attaque sans se méfier. Sur consignes du coach, Bernard et Peguy jouent cette fois à leur vrai niveau. Et on connaît la suite.
Et vous croyez que ça va encore fonctionner en coupe de France face à Lyon ?
Parfaitement, mais en plus malin encore. En vue de cette finale, Paul a demandé aux joueurs de produire le minimum pour assurer le maintien sans réveiller les soupçons de Lyon. Qui pourrait se douter que Paris n’a pas joué sa chance à fond dans une situation aussi critique ? Personne. Laisser les Toulousains égaliser dans les dernières minutes était à ce titre un coup de génie. La démission de Cayzac participait d’ailleurs à la même logique : confirmer le bluff. Or Lyon ne se fera pas piéger aussi facilement que Lens et alignera donc son équipe la plus forte, son As-As, croyant benoitement que Paris alignera son équipe type de championnat, à savoir le As-Valet. Et c’est l’erreur de Lyon. Le Guen vient de les pousser à la faute.
Comment ?
C’est une question de mathématiques, jeunes béotiens. Paul, contre toute attente, va composer une équipe volontairement faible avec Bourillon, Luyindula, Cearà, Arnaud, Sakho que je transposerais au poker en main 8-7 assortie. Et voilà la magie des statistiques qui échappent à votre compréhension basique de supporteur de foot : face à des mains puissantes (As-As, Roi-Roi, As-Roi etc.) vous avez en moyenne plus de chances de gagner avec 8-7 qu’avec As-Valet (32% contre 25%). C’est fort, c’est très fort. Leguen est un grand stratège. C’est même digne de Ted Forrest. Brillant, n’est-il pas ?
Brillant, mais très dangereux, notamment quand on sentait les premiers frimas de la ligue deux sur nos talons, vous ne trouvez pas ?
Les plus grands joueurs de poker sont invariablement agressifs. Le poker agressif est le poker gagnant. Sinon, on se cantonne à des prestations régulièrement honorables, à quelques coups, mais on ne gagne pas un titre en 15 ans. En grand champion, Leguen a pris des risques calculés mais périlleux dont on saura s’ils s’avéreront payants après le flop qu’est cette saison. En tous les cas il faut tirer un grand coup de chapeau à la direction du PSG, qui par son professionnalisme et sa stratégie audacieuse a mené de main de maître une saison en tout point remarquable.

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